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Décret BACS : que prévoit-il ? Obligations, bâtiments concernés et mise en conformité

Technique

09 décembre 2025

Résumé de l’article

Le Décret BACS impose l’installation de systèmes d’automatisation et de contrôle pour les bâtiments tertiaires équipés d’un chauffage, d’une climatisation ou d’une ventilation d’une puissance égale ou supérieure à 290 kW dans un premier temps puis une puissance égale ou supérieure à 70 kW dans un second temps, d’ici 2030. Ces systèmes doivent réguler automatiquement les installations CVC, analyser les consommations, détecter les dérives et assurer une supervision centralisée. L’article détaille les obligations, les bâtiments concernés, les bénéfices attendus, les questions de rentabilité et les étapes clés de la mise en conformité.

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Introduction

L’amélioration de la performance énergétique du parc tertiaire est un enjeu majeur pour les organisations publiques comme privées. Entre les variations des coûts de l’énergie, la nécessité de réduire les émissions de CO2 et les obligations du Décret Tertiaire, les bâtiments doivent évoluer vers un fonctionnement plus intelligent, plus mesuré et plus automatisé.

Le Décret BACS répond à cette exigence en imposant l’installation de systèmes de pilotage et de supervision capables d’optimiser le chauffage, la climatisation et la ventilation. Ces outils jouent un rôle essentiel dans la maîtrise des consommations, la qualité d’exploitation et la capacité à suivre les trajectoires réglementaires.

Il s’inscrit dans une logique complémentaire avec le Décret Tertiaire, qui nécessite un suivi énergétique fiable pour prouver les économies réalisées.

Qu’est-ce que le Décret BACS ?

Le Décret BACS encadre l’obligation d’installer un système d’automatisation et de contrôle pour les bâtiments tertiaires disposant d’un système CVC de puissance significative. Il s’applique en neuf comme en rénovation.

Définition BACS et GTB

Les Building Automation and Control Systems, appelés BACS, regroupent l’ensemble des solutions permettant de réguler, piloter et superviser automatiquement les installations techniques du bâtiment. En France, on les associe généralement à la Gestion Technique du Bâtiment.

Un BACS assure notamment une régulation dynamique, une remontée d’informations centralisée et une analyse continue des consommations. Il ne s’agit pas d’une simple programmation horaire, mais d’un système capable d’adapter le fonctionnement réel du bâtiment aux besoins concrets des occupants.

Origine et cadre réglementaire

Le décret découle de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments. Il est intégré dans le Code de la construction et de l’habitation et repose sur plusieurs arrêtés définissant précisément les fonctionnalités attendues. L’ensemble vise à généraliser le pilotage intelligent des installations techniques pour améliorer l’efficacité énergétique du parc.

Objectifs officiels du décret

Le décret poursuit plusieurs objectifs complémentaires. Il vise à réduire durablement les consommations d’énergie grâce à un pilotage optimisé des équipements. Il améliore la supervision et la qualité d’exploitation et constitue un outil essentiel pour suivre les données énergétiques nécessaires au Décret Tertiaire.

Que prévoit concrètement le Décret BACS ?

Le décret impose la mise en place d’un système capable d’assurer un pilotage intelligent du chauffage, de la climatisation et de la ventilation. Ces fonctions doivent être opérationnelles et maintenues dans la durée.

Fonctionnalités obligatoires

Le système doit notamment assurer les fonctions suivantes :

  • Régulation automatique et ajustement des consignes
  • Collecte en continu des données énergétiques
  • Détection des dérives de performance
  • Génération d’alertes sur les anomalies
  • Supervision et pilotage centralisé du CVC

Ces éléments structurent la base même de la conformité réglementaire.

Pilotage, automatisation et supervision du CVC

Les équipements CVC doivent être pilotés de manière dynamique. Le BACS doit permettre d’adapter les consignes en fonction de l’occupation, de la saison ou des conditions extérieures. Il évite les périodes de fonctionnement inutiles et améliore durablement l’efficacité opérationnelle.

Collecte, analyse et archivage des données

La réglementation impose une capacité de collecte, d’analyse et d’archivage pluriannuel. Ces données servent à détecter les dérives, optimiser les installations et fournir des preuves vérifiables dans le cadre du Décret Tertiaire. L’historisation est un élément central de la conformité.

Interopérabilité, maintenance et exigences techniques

Le système doit être interopérable avec les équipements existants et permettre des évolutions futures. La maintenance et les mises à jour doivent garantir un fonctionnement fiable. Une documentation technique complète doit accompagner la solution.

Qui est concerné par le Décret BACS ?

L’assujettissement repose principalement sur la puissance des installations CVC.

Bâtiments assujettis

Le décret concerne les bâtiments tertiaires non résidentiels, notamment :

  • Bureaux et administrations
  • Commerces et centres commerciaux
  • Établissements d’enseignement
  • Établissements de santé
  • Hôtels et salles de conférence
  • ERP et bâtiments recevant du public

Les bâtiments résidentiels ne sont pas concernés.

Le décret s’applique à tout bâtiment tertiaire équipés d’un chauffage, d’une climatisation ou d’une ventilation d’une puissance égale ou supérieure à 290 kW ou à 70 kW, d’abord pour les bâtiments neufs puis pour les bâtiments existants.

Dans les bâtiments neufs, l’obligation s’applique dès la livraison. Dans l’existant, elle intervient lors du remplacement ou de la rénovation du système CVC, ou à la date d’échéance réglementaire.

Deux dérogations sont possibles : l’impossibilité technique démontrée ou un temps de retour sur investissement supérieur à 10 ans, sous réserve d’une justification complète.

Ci-dessous un extrait du guide d’application du décret BACS paru en mai 2023 :

Calendrier issu du guide du décret BACS -RT-RE-bâtiment Les réglementations du bâtiment.

À noter que l’échéance réglementaire applicable aux bâtiments équipés d’un système CVC d’une puissance supérieure à 70 kW a été officiellement repoussée à 2030, une évolution majeure du Décret BACS qui modifie le calendrier de mise en conformité et élargit la fenêtre d’adaptation pour les bâtiments concernés.

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Quels sont les enjeux et bénéfices du Décret BACS ?

Le décret ne se limite pas à une obligation réglementaire. Il constitue un levier réel d’efficacité énergétique et d’amélioration de l’exploitation.

Économies d’énergie et efficacité opérationnelle

Les bâtiments équipés d’un BACS réduisent généralement leurs consommations CVC de manière significative. Les gains proviennent de l’adaptation automatique des consignes, de la correction rapide des dérives et de l’optimisation des périodes de fonctionnement.

Confort, sécurité et continuité de service

Un pilotage intelligent améliore le confort thermique et la qualité de l’air. La supervision centralisée permet d’anticiper les pannes et contribue à la continuité de service, notamment dans les bâtiments sensibles comme les établissements de santé.

Contribution aux objectifs du Décret Tertiaire

Le suivi énergétique offert par un BACS représente un atout majeur pour atteindre les objectifs du Décret Tertiaire. Il fournit les données nécessaires à la plateforme OPERAT et facilite la mise en place d’actions d’économie d’énergie.

Gains en maintenance, supervision et pilotage

Un BACS facilite la maintenance préventive, réduit les interventions curatives et améliore le diagnostic à distance. Il contribue à la maîtrise des coûts d’exploitation et à la qualité de gestion du bâtiment.

Temps de retour sur investissement

La rentabilité d’un BACS dépend du niveau d’équipement initial, de la puissance installée, du type de bâtiment et de ses usages.

Application du temps de retour dans les bâtiments existants et neufs

1) Dans les bâtiments existants

L’obligation dépend du temps de retour sur investissement. 

  • Les systèmes de chauffage et de climatisation doivent être automatisés lorsque le TRI est inférieur à dix ans.
  • Les systèmes d’éclairage et de production d’énergie peuvent être exclus lorsque leur TRI dépasse dix ans.

2) Dans les bâtiments neufs

La règle est plus large : tous les systèmes techniques doivent intégrer un dispositif d’automatisation dès lors que le TRI estimé est inférieur à dix ans, qu’il s’agisse du CVC, de l’éclairage, de la production d’énergie ou d’équipements auxiliaires.

Aides et subventions

Les certificats d’économie d’énergie et diverses aides régionales peuvent améliorer la rentabilité. Ils réduisent significativement le coût final et accélèrent le retour sur investissement.

Rentabilité hors obligation

Même lorsqu’il n’est pas imposé, un BACS reste rentable sur le long terme, car il améliore la performance énergétique et la maîtrise des installations techniques.

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Comment se mettre en conformité avec le Décret BACS ?

La mise en conformité suit une démarche structurée qui commence par un diagnostic et se poursuit jusqu’à la mise en service opérationnelle du système.

Diagnostic initial

Le diagnostic identifie les installations concernées, vérifie les puissances, évalue l’état du CVC et précise les besoins fonctionnels. Il constitue le point de départ de la démarche réglementaire.

Choix de la solution BACS

La solution retenue doit répondre aux exigences du décret et être compatible avec les équipements existants. Elle doit également correspondre à la stratégie énergétique de l’organisation.

Installation et paramétrage

La mise en service comprend :

  • L’installation des capteurs et automates
  • Le paramétrage des régulations
  • La configuration des scénarios de pilotage
  • La définition des seuils d’alerte

Ces paramètres déterminent la performance réelle du système.

Collecte, reporting et analyse continue

Une fois en place, le système doit assurer une collecte fiable, un reporting maîtrisé et un suivi des indicateurs énergétiques. Ces données consolident la performance et facilitent la déclaration annuelle liée au Décret Tertiaire.

Maintenance et évolutivité

La maintenance périodique, les mises à jour et la documentation permettent de garantir la conformité et de faire évoluer le système en fonction des besoins.

La green box : un outil complémentaire pour faciliter la collecte des données

Le Décret BACS exige une collecte fiable et centralisée des données énergétiques, ce qui nécessite des solutions capables de communiquer avec l’ensemble des équipements techniques. La green box répond à cet enjeu en assurant une connectivité universelle et modulable.

Elle s’appuie sur des protocoles standard utilisés dans les bâtiments tertiaires, comme ModBus TCP ou RTU, MQTT ou BACnet, et peut se connecter à la plupart des GTB du marché. Elle permet ainsi de regrouper les données CVC et techniques et de les transmettre en temps réel vers une plateforme de supervision telle que la green solution.

La green box peut également être enrichie de modules dédiés à la collecte ou à l’optimisation énergétique. Sa conception plug and play en fait un complément efficace aux systèmes BACS, en simplifiant la centralisation des données et en facilitant la mise en conformité.

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FAQ

Le Décret BACS s’applique-t-il aux logements ?

Non. Il concerne exclusivement les bâtiments tertiaires non résidentiels.

Comment savoir si mon bâtiment dépasse 70 kW ?

La fiche technique des équipements ou un audit rapide permet d’identifier la puissance installée.

Un BACS suffit-il pour le Décret Tertiaire ?

Il ne suffit pas à lui seul, mais il constitue un outil indispensable pour suivre et atteindre les objectifs.

Que risque-t-on en cas de non-conformité ?

Les exploitants peuvent recevoir une mise en demeure et devoir se mettre en conformité dans un délai imposé.

Peut-on obtenir une dérogation ?

Oui, en cas d’impossibilité technique ou de temps de retour supérieur à 10 ans, sous réserve de justification documentée.

La GTB doit-elle couvrir tout le bâtiment ?

Elle doit, au minimum, couvrir les installations assujetties. Une couverture plus large améliore la performance.

Conclusion

Le Décret BACS constitue un outil structurant pour améliorer la performance énergétique des bâtiments tertiaires et répondre aux exigences réglementaires. En généralisant l’automatisation et la supervision du CVC, il apporte une meilleure maîtrise des consommations, améliore la maintenance et renforce la qualité d’exploitation. La mise en conformité nécessite une démarche rigoureuse, mais les bénéfices sont durables et significatifs. Réaliser un diagnostic initial permet de déterminer précisément l’assujettissement et les solutions adaptées à chaque bâtiment.

Dans cette démarche, des outils de collecte et de centralisation des données, tels que la Green Box, apportent un complément essentiel pour assurer un suivi énergétique fiable et exploitable dans la durée et permettre de mesurer réellement les économies d’énergie réalisées.

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